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piotr Écrit le : 31/07/2009 12:04


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Alors si tu veux moi je peux lui donner des cours de rots, à base de BROOOot ou de BROMPSe. Quand tu veux ! biggrin.gif
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piotr Écrit le : 21/07/2009 11:59


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Source : The Apollo Archive

Non parce que quand même, 40 ans, ça se fête.

À cette occasion, si vous ne l'avez toujours pas vue, je vous conseille la page de The Big Picture consacrée à l'événement, c'est juste énorme :

http://www.boston.com/bigpicture/2009/07/r..._apollo_11.html
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piotr Écrit le : 21/07/2009 11:54


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En fait il n'y a pas vraiment lieu de s'alarmer à ce sujet. Le problème a de toutes manières toujours existé, parce que par le passé, on avait une myriade de formats de films photographiques et cinématographiques tous différents, et tous incompatibles entre eux, de par leurs dimensions physiques, et qui nécessitait pratiquement un projecteur ou un agrandisseur spécifique pour pouvoir être relus ou retirés par la suite.

En numérique, on a la chance d'avoir une plus grande flexibilité et une plus grande pérénnité.

En ce qui me concerne, je garde mes fichiers dans leur format RAW d'origine, sans les convertir en DNG, parce que visiblement, le format n'a pas vraiment l'air de susciter plus d'intérêt que ça. Pour être intéressant, il faudrait que TOUS les appareils photos aient une sortie DNG codée en dur, et en fasse leur format par défaut, et ce n'est pas prêt d'arriver.

Il y a deux raisons essentielles qui motivent ce choix de conservation tel quel :

- les logiciels de développement de RAW vont toujours en se complexifiant, et très rarement en se simplifiant, il y a donc fort peu de chances qu'un format supporté aujourd'hui ne le soit plus par le passé, surtout quand on sait combien de nombreux photographes professionnels tiennent à ce que leur RAW fonctionne. On est pas à l'abri d'un revirement, mais eh, c'est exactement comme ça dans tous les domaines.

- La solution imparable consiste à virtualiser un système d'exploitation obsolète pour faire fonctionner un logiciel ancien. Imaginons que dans 20 ans, les logiciels disposent d'algorithmes si perfectionnés qu'ils peuvent convertir un sale RAW pourri de nos appareils actuels en merveille de qualité ... sauf que pas de chance, les logiciels du moment ne lisent plus le format en question.

Eh bien de la même manière que si des données vitales doivent être lues et récupérées dans un vieux logiciel qui ne tourne que dans un environnement windows en 16 bits, qui ne fonctionne plus avec un environnement windows 64 bits, il est parfaitement possible de faire fonctionner un vieux Windows 3.11 dans un logiciel de virtualisation comme VMWare, VirtualBox, etc. Dans 20 ans, on sera peut être amenés à virtualiser un vieux Windows Seven SP3 pour faire un travail de conversion. C'est juste dur d'être visionnaire à cette échelle smile.gif

En ce qui me concerne, je crois qu'il y a fort peu de risques que des fichiers soivent définitivement impossibles à lire à cause de leur obsolescence.

Les risques sont bien plus grands de PERDRE totalement ses photos à cause de CD-R ou de DVD-R défectueux - et le pourcentage de supports défectueux est trop important à mon goût - ou de crashes de disques durs.

Dernière règle : en RAW il n'y a jamais de traitement définitif. Les goûts changent et les logiciels se perfectionnent. Aussi, il y a fort à parier qu'on puisse être amené à développer différemment une photo, surtout compte tenu des avancées techniques en matière logicielle.
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piotr Écrit le : 28/12/2008 21:30


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Entremets toi même !

Bon sinon ça pour une nouvelle, c'est une grande nouvelle, bon sang de Zeus \o/
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piotr Écrit le : 23/12/2008 20:53


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Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça tranche avec l'assemblage de ma nouvelle config, que j'ai réalisé la semaine dernière, et dont les photos arriveront quand j'aurai achevé le montage, c'est à dire avec toutes les pièces. En effet, un des disques durs était défectueux et j'ai du le renvoyer au SAV.

Gouffre technologique ... la lampe au carbure. C'est le plus tangible de mes revivals de trucs vieux. Les journaux, les photos ... c'est bien. Mais ça ... fichtre.

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Qu'est-ce que c'est que cet engin ? À la base, c'est un moyen d'éclairage performant. Celle que j'ai est un modèle Louxor destiné à s'éclairer la nuit à bicyclette, mais certaines automobiles du début du siècle dernier pouvaient aussi en être équipés. C'est ce qui explique la présence de l'énorme réflecteur, démontable.

Ces lampes ont aussi beaucoup servi aux mineurs de fond pour s'éclairer au fond des galleries des houillères et autres conduits mal éclairés. Et à ce titre, les lampes au carbure continuent à être utilisées par certains spéléologues comme source d'éclairage durable et puissante, et surtout, omnidirectionnelle. La flamme éclaire dans toutes les directions, contrairement à des sources d'éclairage électrique comme les LEDs ou les ampoules à filament, qui éclairent de façon focalisée.

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Carbure ? C'est de carbure de calcium dont il est question. C'est une substance étrange, d'aspect blanc grisâtre, à l'entêtante odeur de poivre fort et d'ail puissant. C'est vraiment caractéristique. Je n'irai pas jusqu'à dire que ça pue, mais c'est vraiment prenant comme odeur. Littéralement. Le carbure de calcium est à la base un matériau cristallin, ressemblant à une roche quelconque.

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Derrière ce qui ne semble être qu'un vulgaire caillou, excepté l'odeur, se cache une remarquable mécanique chimique. Quand de l'eau entre en contact avec du carbure de calcium, il se produit une réaction chimique entre les deux, qui va produire du gaz acétylène, extrêmement inflammable, et de la poudre d'hydroxyde de calcium, que l'on connaît plus communément sous le nom de chaux éteinte.

Il faut savoir que la combustion de l'acétylène produit une flamme exceptionnellement lumineuse, et très chaude, et c'est sur cette propriété unique que repose le principe de fonctionnement de la lampe à acétylène.

Quelques pincées de chimie et un soupçon de physique pour éclairer notre lanterne. Elle est bonne non ? ... Non.

Donc, le carbure de calcium s'obtient grâce à des fours à arcs électriques. Ce n'est pas le four qu'on trouve dans la cantine de l'école, ou dans la cuisine de tata Gertrude, non. Ce sont des fours capables de générer des températures de l'ordre de 2300 °C nécessaires à la réalisation des conditions de formation du carbure.

On commence tout d'abord par calciner du calcaire, carbonate de calcium, en le portant à très haute température, pour obtenir de la chaux vive, de l'oxyde de calcium, selon la réaction suivante :

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En d'autres termes, une molécule de carbonate de calcium CaCO3 donne une molécule d'oxyde de calcium et une molécule de dioxyde de carbone.

Ensuite, porte à très haute température grâce au four électrique un mélange d'oxyde de calcium et de coke, une variété de charbon distillé très pur, qui apporte le carbone. Au début du siècle, on utilisait des arcs de seulement 10 volts ... mais pour 1600 ampères. Ca a une certaine classe. Sous cette chaleur, se forme alors du carbure de calcium fondu, selon la réaction suivante :

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Autrement dit, une molécule d'oxyde de calcium (la chaux éteinte) s'associent dans une réaction à trois atomes de carbone pour former une molécule de monoxyde de carbone et une de carbure de calcium. On laisse par la suite refroidir le carbure, puis il est concassé pour obtenir des morceaux à la bonne taille.

Alors inutile de vouloir essayer d'en faire des morceaux plus petits, car si le carbure semble se décomposer en poussière (en chaux, en fait) au contact de l'eau, il est aussi dur que du granite ou du silex, et viendra sans doute à bout de vos meilleures scies.

Il devient assez difficile de nos jours de se procurer du cabure de calcium si on est pas spéléo, mais pour changer, c'est sur eBay que j'ai trouvé un vendeur qui procure du carbure de calcium pour seulement 8 euros le kilogramme, de quoi éclairer à la lampe acétylène pendant un long moment ... très long moment.

Une lampe au carbure est un dispositif bougrement simpliste, sans pièce mobile ni fonctionnement compliqué.

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En haut de la lampe se trouve un cuve que l'on remplit d'eau, si possible propre. En bas, se trouve une cuve dans laquelle on dispose les morceaux de carbure de calcium. Cette cuve se visse à la cuve d'eau, de façon hermétique grâce à un joint d'étanchéité. Une lumière descend de la cuve d'eau à la cuve d'acétylène, et un pointeau équipé d'un pas de vis fendu permet de laisser goutter l'eau. L'eau goutte dans un cylindre percé de trous, et se répand alors au contact du carbure de calcium, qui dégage de l'acétylène, selon la réaction suivante :

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L'acétylène est prisonnier dans la partie inférieure de la lampe, et comme la fermeture est hermétique, il n'a d'autre choix que de remonter via une conduite de gaz, qui est bouchée par un bec. Ce bec est en céramique, et dispose d'un ou plusieurs trous minuscules. Le mien dispose de deux becs calibrés pour laisser sortir 14 litres de gaz à l'heure. De la qualité et de l'état du bec dépendra la qualité de la flamme, et donc, l'éclairage. Ces trous sont si petits qu'il faut un fil de brosse métallique fine pour pouvoir les nettoyer. Ils sont surtout faits pourr que la petite quantité d'acétylène qui sort puisse brûler en totalité avec l'oxygène de l'air. Si le bec est encrassé ou usé, la flamme est peu lumineuse et fume noir comme le pire des camions que vous ayez vus, à cause du manque d'oxygène. La réaction de combustion est la suivante :

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Deux molécules d'eau réagissent avec une molécule de carbure de calcium, pour former une molécule d'acétylène ainsi qu'une molécule d'hydroxyde de calcium, et un peu de chaleur.

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J'ai mis un tout petit morceau de carbure pour les besoins de la démonstration, mais on peut facilement charger la lampe en carbure pour avoir 6 ou 7 heures de flamme en continu, à charge de recharger au moins une fois le réservoir d'eau. Comme un certain volume dans la cuve est nécessaire pour avoir une bonne pression de gaz, j'ai rajouté du sable pour faire bonne mesure.

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Une fois le plein de carbure fait, on revisse le tout, et on fait le plein d'eau. On ouvre un peu le pointeau, et on attend un peu que l'eau goutte.

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Il faut savoir que le carbure de calcium est très réactif à l'eau, et qu'il n'y a vraiment pas besoin de beaucoup d'eau pour que la réaction démarre, même avec du sable. Par ailleurs, elle est exothermique, ce qui signifie que la réaction dégage de la chaleur. Bonne nouvelle : c'est la température idéale pour un chauffe mains, ou presque.

Après quelques instants, on peut entendre que ça commence à bouillonner en bas et sifflotter par le bec. C'est signe que l'acétylène chasse l'air et qu'on va pouvoir allumer. Celle-ci est malheureusement dépourvue de pierre à briquet, et il faut donc allumer la lampe avec ... un briquet, que l'on porte au bec.

Et comme dirait un prof de physique : "et POP!". Ca claque à l'allumage, même avec une petite flamme.

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C'est une flamme de minus, mais pas de panique, c'est normal, la lampe est encore en train de monter en pression. À titre de remarque, j'en profite pour signaler aussi que c'est une TRES mauvaise idée que de faire fonctionner cette lampe à l'hydrogène. Oui, parce que j'avais voulu voir si tout fonctionnait bien, et j'avais mis dans la cuve une lamelle de zinc et un peu d'acide chlorhydrique, mélange produisant du chlorure de zinc et du dihydrogène. Rien que deux ou trois pétarades m'ont convaincu d'arrêter rapidement. Darwin, c'est pour plus tard.

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Quelques secondes plus tard, la flamme grandit encore. C'est bon signe.

Puis après environ 2 minutes, la flamme atteint sa taille et sa luminosité normales :

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Ça ne paraît pas sur une photo, vu que la dynamique est beaucoup moins grande, mais comparé à une bougie, on se rend compte combien la flamme de l'acéto brille fort. C'est de l'ordre d'un facteur 30 environ ... c'est tout de même pas rien. À tel point qu'il est difficile de pouvoir la regarder longtemps, car elle est très éblouissante.

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Dans le noir, c'est encore plus voyant. Mon bec est un bec double, qui quand il est neuf produit une flamme en forme de papillon, la plus lumieuse de toutes, car il s'agit de la jonction de deux flammes en une plus grande, avec une zone centrale extrêmement brillante.

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C'est en prenant la photo avec le réflecteur vissé en place que l'on se rend compte de la forme de la flamme, et de la luminosité de l'ensemble -- en photographie, c'est parfaitement débile de prendre une source lumineuse de face, mais c'est pour la science quoi.

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On peut donc ensuite valablement faire le comparatif avec une lampe électrique de poche alimentée par une pile de 4,5 volts :

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Je trouve qu'elle se défend pas mal cette vieillerie. C'est loin d'être aussi commode, mais ça éclaire de façon surprenante pour une combustion.

Il est donc temps d'arrêter la lampe. Malheureusement, le pas de vis de mon pointeau est usé, et donc, il m'est impossible d'arrêter le goutte à goutte. Je dois donc vidanger la cuve d'eau, et attendre que ce qui reste ait fini de réagir avec le carbure, et finir le restant d'acétylène, avant d'ouvrir la cuve.

Chose intéressante, le goutte à goutte d'eau produit de la chaux, qui se présente sous la forme d'une gangue qui pousse autour du morceau de carbure :

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Il est chaud, à peine tiède, et de bonne consistance, car le goutte à goutte laisse suffisament de temps à la réaction pour ne pas noyer le mélange dans un jus infâme de lait de chaux. Même avec le sable, c'est très facile à récupérer.

Et il convient d'ailleurs de récupérer la chaux, car elle est toxique. Enfin toxique, c'est pas de l'arsenic, mais elle a la fâcheuse propriété de tuer certaines formes de vie. Mais en fait c'est cool ! On s'en sert de répulsif à araignées, ou pour éradiquer certaines moisissures récalcitrantes. Je récupère la chaux en filtrant le lait de chaux (si j'ai trop d'eau), ou en laissant sécher la pâte obtenue.


J'en conviens, cette lampe, c'est vraiment une autre époque, oldschool, et archaïque. Des LEDs, ça marche vachement mieux, et c'est moins d'emmerdes. Et puis ça ne risque pas de mettre le feu. Et tellement d'autres choses encore. Mais que voulez vous, c'est comme de rouler dans une vieille De Dion-Bouton : c'est pas pour tous les jours, mais c'est la classe !
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piotr Écrit le : 03/12/2008 16:28


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À moins d'un mois du changement d'année, le moment semble bien choisi pour rappeller que dans une opération conjointe, L'UNESCO et L'Union Astronomique Internationale ont fait de 2009 l'année internationale de l'astronomie.

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C'est une occasion idéale de découvrir une multitude d'événements et de manifestations, avec en ouverture les 15 et 16 janvier prochain la conférence du lancement sous l'égide de l'observatoire de Paris-Meudon.

Le programme est riche, et permettra aux personnes intéressées d'approfondir cette discipline passionnante et que l'on peut aborder d'une multitude de façons différentes, de la plus ludique à la plus sérieuse. L'avantage est que comme le sujet est vaste (c'est le moins que l'on puisse dire), il est pratiquement inépuisable.

Un calendrier succint des événements astronmiques essentiels pour 2009 a été établi sur cette page, ainsi qu'une liste des conférences officielles et des conférences périphériques qui se tiendront sur le sujet tout au long de l'année.
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piotr Écrit le : 20/11/2008 10:16


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Peter Pan : et le meilleur dans l'histoire c'est que tout a été plié en un peu moins d'un mois pour l'organisation, comme quoi, y'a des fois où il est possible d'être expéditif et efficace. Par contre y'a pas mal de membres du conseil municipal français qui se sont plus ou moins débiné, genre "pas de passeport" ou "c'est trop cher". Tant pis pour eux.

Quant aux recherches sur Riga, effectivement ... mais c'est pas moi qui fait le programme tongue.gif

PoP : et le meilleur dans l'histoire c'est que juste avant la porte de sortie 34 du terminal 1 il y avait des pèlerins pour la Mecque, alignés en tenue au comptoir de Saudi Arabian Airlines ... même quand on sait qu'on est dans un aéroport international, je reste persuadé que tomber sur un grand groupe de hajjis à Paris ça doit faire tout bizarre smile.gif
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piotr Écrit le : 19/11/2008 19:19


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Le lendemain marquait le début des commémorations officielles, et M. le maire de Smiltene nous a emmené visiter des installations communales, non sans une certaine fierté. Cela a commencé par différents bâtiments scolaires, et à ce titre, nous avons visité la plus belle réalisation de la commune, à savoir le jardin d'enfants, fraîchement inauguré en septembre dernier :

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Il a été réalisé avec un mixte de fonds nationaux lettons, locaux, mais aussi européens, pour un budget total de 6 millions d'euros, et accueille gratuitement les enfants à partir de 1 an et demi. Tout à l'intérieur est absolument parfait et constitue un cadre idéal pour les enfants. Les pièces sont grandes, lumineuses, et on y circule facilement, considérant que sa réalisation a été exécutée conformément aux règles européennes en vigueur.

Il faut savoir que la commune consacre presque 65 % de son budget à l'éducation de ses enfants. Là encore, on comprend pourquoi, considérant le passé soviétique, car c'est justement par l'éducation que tout commence. Une telle part du budget n'est d'ailleurs pas sans causer certains problèmes, car d'autres dépenses, comme les logements sociaux, sont mises au second plan. Mais là où il faut distinguer, c'est que le pays, comme les communes, sont parties de pratiquement rien, et qu'il leur a fallu hiérarchiser les priorités en partant du néant quasi absolu afin de rattrapper les standards que nous connaissons en europe de l'ouest.

Une autre différence par rapport à nous autres gaulois réside dans la répartition des compétences en matière d'éducation. La ville de Smiltene dispose d'un budget annuel de 6 millions d'euros pour 8 000 habitants, et le système est ainsi fait que le contribuable letton paye à l'État son impôt sur le revenu, qui à son tour en reverse 90 % à la commune de rattachement du contribuable en question. C'est ce qui permet aux communes de disposer de budgets conséquents, et de pouvoir gérer directement et plus efficacement certains programmes par un transfert de fonds de fait. En conséquence, c'est donc la commune qui paye directement les enseignants et détermine les orientations et aménagements à effectuer, et au vu du chemin parcouru, c'est le garant d'une efficacité et d'une réactivité certaine. Je pense que ce ne serait pas sans faire tiquer en France où on hurlerait probablement à la collusion.

Dans une autre école qui accueille de nombreux niveaux, y compris de quoi dispenser des cours de niveau universitaire à la manière d'une antenne de faculté, je constate que les salles de classes sont aménagées en fonction de la matière qu'on y enseigne. J'ai eu deux coups de cœur sur place, le premier dans la salle dédiée à l'enseignement de l'histoire :


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C'est tellement vintage que je ne pouvais pas laisser passer ça ! Les objets ici présents font partie du patrimoine privé d'habitants du coin, la plupart ayant été d'anciens élèves. Du coup, enseigner l'histoire dans une classe pareille, ça l'fait.

Le second, c'est dans la salle où on enseigne les sciences physiques et la chimie - il faut également savoir que cette école-ci met le paquet sur les sciences (y compris l'astronomie, yay! l'école dispose d'un téléscope Meade ETX entre autres). Immanquablement mon œil fut attiré par cette superbe table périodique des éléments, peinte à la main, et rédigée en langue lettonne.

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Outre l'arrangement inhabituel des éléments dans la table, les plus observateurs remarqueront que l'élément 104 n'est pas estampillé Rf pour Rutherfordium comme il l'est normalement, mais Ku, pour Kurchatovium, vu que par le passé, les soviétiques revendiquaient sa découverte. Sacrés soviets !

Et enfin, le soir venu, c'était le début des festivités en l'honneur du jubilée des 90 ans de leur indépendance. Direction le complexe culturel et sportif où devait se tenir un spectacle traditionnel, avec d'abord des chœurs, puis les danses folkloriques, qui pour nous autres français avaient été un moment marquant lors de notre fêtre de la Pentecôte en 1996. En toute logique, on a commencé par chanter l'hymne national letton, intitulé Dievs, svētī Latviju!, autrement dit, "Dieu, bénis la Lettonie", et dont vous trouverez une traduction des paroles sur cette page de la Wikipédia française, voire sur sur cette page! où il y a un enregistrement d'une version chantée, assez classe, et identique à ce qu'on chanté les jeunes gens présents sur scène. On est sur un autre registre que la Marseillaise, ses égorgements et ses sillons sanguignolents. C'est pas belliqueux pour deux sous en tous cas. Nonobstant, j'aime bien aussi la Marseillaise, avec son ptit air de "faut pas faire chier".

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Il y en avait même qui avaient les larmes aux yeux en chantant.

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C'est ensuite que M. le maire de Smiltene (photo ci-dessous), notre hôte et notre guide, a pris la parole avant de laisser parler M. le maire de Wiesenbach, qui prononça un discours en allemand, traduit en letton.

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Puis ce fut au tour de Mme le maire de Donnery de prononcer son propre discours, en français ... que j'ai du traduire et lire en anglais, devant toute la salle, alors que M. le maire de Smiltene le traduisait par la suite en letton. Comme personne à Donnery ne parle letton, ni personne à Smiltene ne parle français, il a fallu improviser une solution de secours. Ce fut assez cocasse lors de la première phrase en anglais car les gens ont rigolé en comprenant qu'il y allait y avoir une cascade de traductions, mais l'applaudimètre à la fin a montré que le public a apprécié, ce qui nous a été confirmé par la suite par l'épouse de M. le maire. Il semblerait que les gens présents dans la salle aient été tout étonnés que des français venu d'aussi loin puisse s'intérésser à la vie de leur pays et de leur ville, et faire un 110 mètres haies linguistique pour leur passer un message à caractère plus ou moins solennel.

Avant de poursuivre les chants, il s'est opéré une cérémonie de remise de récompenses et de médailles de la commune, et on a tous été très marqués nous autres français (et même les allemands d'ailleurs) par leur façon de procéder. Les récipiendaires (rien à voir avec des récipents d'air, qui eux sont plus nombreux en France) reçoivent leur citation de monsieur le maire, puis c'est chaque personne dans la salle qui se lève afin d'aller remettre une ou deux fleurs fraîchement coupées aux titulaires.

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Ils ont reçu tellement de fleurs que des porteurs de fleurs devaient les seconder afin de pouvoir toutes les recueillir. Dans le genre mesure directe de sa cote de popularité, c'est difficile de faire mieux, du moins, dans le registre positif, vu que nous, on a plutôt des hués ou des tomates pourris. Parmi les médaillés, on a une directrice de crèche, une prof, et un officier de l'armée lettonne en permission qui revenait d'Afghanistan.

Les chansons ont ensuite repris ... et je serai bien en peine de vous dire quel en était le thème vu que tout était évidemment chanté en letton dans le texte. C'est une chanteuse qui a commencé, seule sur scène.

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Tous types de chœurs se sont alors succédés : jeunes filles, petits garçons, mixtes adultes. Je regrette de ne pas avoir eu de matériel d'enregistrement à ce moment là.

Sont après arrivées les danses traditionnelles où tous les âges, du moins, de jeunes, étaient représentés.

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Alors certes, il faut être client de ce genre de divertissements, parce que le folklore, ça n'a pas forcément vocation à plaire à tout le monde, mais rien que le fait de le voir en vrai change tout - j'aime enfoncer des portes ouvertes. Il faut par avoir savoir que ce ne sont pas des danseurs professionnels, mais cela ne les empêche pas de présenter une prestation de haut niveau. Il semblerait aussi qu'ils arrivent à rester impliqués, surtout chez les jeunes, parce que comme partout ailleurs, ce n'est pas forcément facile de faire s'intéresser la jeunesse à ce genre de choses.

Une note aussi sur le fait qu'ils doivent être un brin transformistes sur les bords, vu la vitesse à laquelle ils changent de costumes entre deux tableaux, c'est littéralement bluffant.

La soirée s'est achevée par un énorme banquet, avec, vous l'aurez deviné, encore d'autres massifs montagneux de nourriture, et toujours de première bourre, le tout arrosé de boissons plus douteuses comme de la très mauvaise vodka russe, du cognac grec lamentable, ou du vin géorgien absolument affreux.

Et c'est ainsi que se sont achevés ces deux jours. Le lendemain, nous quittions l'hôtel à 8h00 du matin pour pouvoir attrapper le vol airBaltic BT691 à destination de Paris Charles de Gaulle et qui devait décoller à 11h30.

Et en hôte le plus classe de lettonie ou presque, c'est à l'aéroport que nous a retrouvé M. le maire de Smiltene, qui s'est farci toute la route de Smiltene à Riga pour nous dire au revoir à l'aéroport, soit 260 km aller/retour environ. Nous n'avons évidemment pas manqué de le féliciter et de le remercier pour tout ce qu'il a mis en œuvre pour nous recevoir, parce que tout était absolument parfait et génial. J'espère que les lettons nous feront l'honneur de venir à leur tour au mois de mai prochain à Donnery, et qu'on sera à la hauteur. La différence toutefois est qu'eux se farcissent le voyage en car, et doivent passer par la Biélorussie et ses abrutis de douaniers fanatiques, qui la dernière fois les avaient retenus pendant une dizaine d'heures à la fontière lituanienne.

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Cette fois ci le vol était nettement plus chargé qu'à l'aller. Énorme coup de bol, les deux derniers sièges tout à fait à l'arrière tribord de l'avion étaient inoccupés. Après tout de même avoir demandé la permission à une hôtesse, j'y ai pris place, me laissant ainsi par la même occasion le combo ultime : deux fois plus de place pour les guiboles, un hublot pour moi tout seul, et un siège vide à ma gauche, le tout en classe économique. Alors bon, oui, y'avait tous les gens qui venaient faire la queue pour aller aux chiottes, c'était un peu lourd à force, mais qu'importe, j'avais mon hublot, et j'ai pu prendre quelques photos, d'autant que le plafond nuageux était assez morcelé pour pouvoir apercevoir la terre, 37000 pieds plus bas environ.

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Et c'est sur dernière image que s'achève le trajet, car avec la descente a coïncidé le retour de la couverture nuageuse au dessus du territoire français, avec juste un dégagement au dessus de l'agglomération parisienne, où comme dans Flight Simulator à maintes reprises j'ai pu voir, cette fois en vrai, le stade de France, la Défense et la tour Eiffel depuis mon hublot lors de l'approche à LFPG, ou Charles de Gaulle pour les intimes.

J'aurais bien aimé savoir ce que pensait le jeune couple de lettons devant moi, qui venait en France pour la première fois, et qui une fois l'avion stationné sur l'apron, ont vu leur premiers français. Des bagagistes. Un noir et un arabe. J'en ai pas vu un seul en Lettonie ... Alors non, c'est absolument pas pour dire "oui voilà encore des arabes ! j'ai rien contre eux, mais quand même y'en a trop !" ... mais après sans doute une vision idéalisée de Paris, la ville lumière, l'architecture, etc etc et le blabla habituel, que les deux premiers français qu'ils voient soient un peu bronzés. Ça doit être cocasse.

J'aurais bien aimé connaître leur sentiment aussi quand une fois débarqué de l'avion, une fois dans le terminal 1, on est chaleureusement accueilli en par les affiches de propagande des Douanes françaises contre la contrefaçon, avec notamment, cette grosse affiche "See you behind bars" ou d'autres menaces de lourdes amendes si on revient d'Italie avec un lacoste chinois. Franchement sans déconner ... quelle effet ça fait ?

Et quel effet ça fait aussi de voir qu'en sortant du terminal 1 on se retrouve sous un enchevêtrement de béton noirci, à l'atmosphère sombre et qui résonne, et avec des bus de navette Air France et RATP, leurs gros diesels puants, et leurs klaxons bruyants, l'odeur de Jet-A1 brûlé des environs de l'aéroport … Je suis pas sûr subitement que le premier sentiment ce soit "ouah c'est joli Paris !".

Une chose est sûre en tous cas : les lettons savent recevoir, ils sont très chaleureux, et le contraste avec, AU PIF, les luxembourgeois, ma bien marqué. Ça n'vâ pâs.

Une autre chose est sûre : j'y retournerai, et de préférence en été, avec un planning plus libre, pour faire ce que je préfère : sillonner le pays, et mitrailler de photos.
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piotr Écrit le : 19/11/2008 19:09


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Mais pourquoi, pourquoi diable la Lettonie ? Qu'est-ce qu'on peut bien trouver à aller faire dans ce petit État balte coincé entre l'Estonie, la Lituanie et la Russie, en plein mois de novembre et avec une météo annoncée comme dégueulasse ?

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Pour les déficients en géographie et/ou en histoire, la Lettonie est un État riche d'une histoire longue et complexe, qui a vu défilé quantité d'envahisseurs tant polonais, qu'allemands, et surtout soviétiques. De 1940 à 1991, la Lettonie fut une république socialiste soviétique (la RSS de Lettonie, donc) où s'est exprimé tout le totalitarisme des rougeauds de Moscou et de la clique de bouchers menée par Lénine, Staline et ses successeurs, à grands coups notamment de déportations de masse dans les camps sibériens.

C'est un désormais un État indépendant, comme il l'a été par le passé avant l'annexion soviétique. C'est un membre de l'Union européenne depuis 2004, ainsi qu'un membre de l'OTAN depuis la même date. Le pays compte un peu plus de 2,2 millions d'habitants, dont 885 000 environ rien que pour la capitale Rīga. Le pays n'est pas bien grand, 65 000 km2 seulement, et essentiellement recouvert de forêts variées à perte de vue.

À première vue, pas vraiment grand chose de particulier ne pousse à s'y rendre. Mais après tout, pourquoi pas. En fait, l'occasion de se rendre en Lettonie s'est présentée alors que la petite ville de Smiltene, à 130 km à l'est de la capitale, et avec laquelle nous avions déjà eu des contacts par l'entremise de Wiesenbach, a invité une délégation d'élus de Donnery, là où je vis donc, pour 2 jours, afin de partager avec eux la célébration du jubilée du 90ème anniversaire de leur (première) indépendance. Comme mon père siège au conseil municipal de Donnery, il a demandé à ma mère et à moi si on souhaitait être du voyage. Et comment donc.

Passeport en poche, on a décollé de Roissy vendredi à 14h40 sur le vol airBaltic BT692 à destination de Rīga à bord d'un Boeing 737-300 pour atterrir à 17h30 heure locale, sous un épais plafond nuageux. Là nous attendait une navette ( = un minibus Volkswagen) qui devait nous conduire à Smiltene à 130 km de là. Avant de partir, on nous remet le programme pour les 2 jours à venir. Pas de bol, il n'y a pas de visite de Rīga de prévue. Groumph. Mais c'est pas grave, le temps est court. Il est toutefois possible d'apercevoir le centre historique de la ville au cours du trajet qui nous mène de l'aéroport à notre destination. L'architecture est élégante, et on est loin des styles chargés de certains autres pays de l'est. Les édifices religieux sont superbes, tant orthodoxes que protestants.

En guise de substitution, nous irons donc visiter les environs immédiats de Smiltene, et notamment, pour bien commencer les choses, une brasserie, puis un château médiéval en ruines façon "bataille bourrin", etc. Bref, de petites chose. Le lendemain, visite des installations communales, vu qu'il s'agit avant tout d'une visite entre élus, avant de prendre part aux festivités organisées localement, un peu comme pour leur 14 juillet à eux. Rīga n'étant pas assez grande, et ne disposant pas des infrastructures nécessaires pour organiser un événement de cette envergure à l'occasion des 90 ans de leur indépendance, chaque grande ville organise ses propres fêtes.

Cent trente kilomètres séparent Rīga de Smiltene, ce qui fait que nous devons traverser une bonne partie du pays par la route. Une fois sortis de la capitale, c'est l'obscurité qui m'a frappé. Même si la veille était jour de pleine Lune, la couverture nuageuse était trop épaisse pour laisser passer la lumière. Et en pleine campagne lettone, rien n'est éclairé. Pas de réseau de lampadaires, pas d'éclairage des axes routiers, ni même des carrefours ou des panneaux. Rien, que dalle. Ça doit être grandiose pour l'astronomie. Par contre, il y a des trucs qui choquent, comme par exemple un passage à niveau qui traverse l'autoroute. Si, si.

Le maire de Smiltene avait fait arranger l'hébergement dans un hôtel réellement sympathique où nous avons pris notre repas. Et là, on a pu constater que les lettons savaient recevoir en contemplant la taille des portions servies. C'est gigantesque, et en plus c'est pas cher. Après une journée assez chiante à voyager (Roissy c'est toujours un vrai bonheur, c'était plus que bienvenu).

Ce n'est que le lendemain que j'ai pu apprécier le cadre autour, pas vraiment inquiétant, mais comme encastré dans de la verdure.

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On a quand même fait pire, c'est en tous cas mieux qu'un Formule 1 encastré en banlieue parisienne entre 2 barres d'immeubles bétonnées.

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Et toujours cette horrible météo. Ciel gris, pesant, pluie … Pas de regrets à avoir, il faisait le même temps dans le Loiret. À 10 heures, notre chauffeur vient nous chercher pour nous emmener à Cēsis afin de commencer notre visite. Vu le temps, j'espérais qu'ils allaient nous prévoir des intérieurs. Les occasions de prendre des photos sont donc très limitées, avec la pluie battante, les gouttes sur l'objectif ne facilitent pas vraiment les prises de vues.

Toujours est il qu'à Cēsis on fait de la bière, et on la fait bien, grâce à une brasserie moderne

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Nous sommes ensuite allés visiter le centre de formation des instructeurs militaires de l'armée lettonne, car le mari d'une de nos guides était lui même instructeur là bas. Avec 15 ans à ce poste, il a failli commencer par faire ses classes dans l'armée soviétique, il s'en est bien tiré. L'armée lettonne ne compte que 6000 hommes, mais ce sont tous des professionnels, parce que là bas, la conscription pour l'étoile rouge de Moscou a laissé de mauvais souvenirs. Il faut aussi savoir qu'en temps que membre de l'OTAN, la Lettonie a envoyé des hommes en Iraq et en Afghanistan. Pour autant que je sache, le pays ne figure pas sur la liste des cibles privilégiées des terroristes, et ça ne l'empêche pas d'y engager des troupes ... Pas de photos sur place, parce qu'il a fallu faire l'interprète, et on ne peut pas tout faire.

Quand les soviétiques sont partis, il a fallu rééquiper l'armée. Les suédois ont fourni une partie du matériel, mais j'ai remarqué que l'influence de l'armée des États-Unis se faisait de plus en plus grandissante. Outre de l'aide logistique et matérielle (notamment la protection de l'espace aérien par l'entremise des forces de l'OTAN), on sent le poids de l'oncle Sam jusque dans le laboratoire de langues. Cette salle flambant neuf contient moult ordinateurs, payés directement par l'US Army. De plus, les cahiers de cours sont estampillés "American Language Courses" ... je suis sûr que les britanniques adoreraient.


Et puis c'est en milieu d'après midi qu'on se rend au château de Cēsis. Alors quand je dis château, il s'agit en fait de ruines, mais quand les murs font 5 mètres d'épaisseur, même les batailles les plus enragées ne suffisent pas à tout faire disparaître. Pourtant les envahisseurs ont été nombreux : polonais, allemands, russes tsaristes, nazis, et soviétiques … voilà pour le décor.

Comme à cette latitude (57°26′N soit à peu près la même qu'à Copenhague au Danemark), la nuit a la fâcheuse tendance à tomber beaucoup trop tôt en hiver, la lumière a vite dégringolé, ce qui pour prendre des photos craint un max. Combiné à la pluie, ça n'a pas vraiment non plus aidé à pouvoir capturer toute l'atmosphère qui se dégageait du lieu.

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Détail cocasse, l'intérieur des ruines se visite à la lanterne à bougie ... Peut-être que c'est supposé rajouter une touche médiévale ? Toujours est-il qu'alors que le reste du groupe rentre se mettre à l'abri, j'essaye de prendre des photos dans la semi-obscurité et la pluie. Et c'est pas facile, surtout quand faut se magner. Et en fait ça gonfle.

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La petite histoire veut que quand les livoniens en garnison se sont retrouvés à 300 contre les 3000 hommes russes du tsar Ivan Groznyi, aka Ivan le Terrible, ils ont préféré se faire sauter avec tout leur stock de poudre noire plutôt que de livrer une bataille perdue d'avance. "Sympa".

La journée s'est conclue dans ce que les initiés qualifieront de "bonne aubêêrge". Les allemands de Wiesenbach qui étaient arrivés dans la matinée avaient du se lever très tôt, autour de 3h00 du matin, afin de pouvoir attrapper leur vol, et le programme de visite leur avait laissé un petit temps de repos l'après midi pour pouvoir dormir un peu. Il faut croire que le "naturel" revient au galop, car M. le maire de Wiesnbach et Marcus, un des allemands qui faisait partie de la délégation en ont profité, avec M. le premier adjoint au maire de Donnery, pour charger un peu la mule à grands coups de Vodka au bar de l'hôtel, plutôt que d'aller pioncer, ce qui nous a laissé un souvenir assez cocasse du repas. Marcus avait tellement bu qu'il microsomnolait en permanence à table. C'était d'autant plus drôle qu'on le voyait dormir tout en sirotant sa bière. Littéralement. Ils sont forts, ces allemands.

Un des détails particuliers de cette bonne aubêêrge, c'est qu'ils font eux même leur pain au levain, à l'ancienne. Il y avait cette dame que je croyais tout droit sortie d'un Kolkhoze qui s'affairait à pétrir ses miches dans un pétrin hors d'âge.

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Les explications sur la fabrication du pain on du durer environ 20 minutes, et elle n'a pas décroché un seul mot.

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Une des premières choses qu'il m'a été donné de voir à l'aéroport de Riga est cette publicité un brin naïve qui disait qu'on avait pas totalement visité la Lettonie tant qu'on avait pas goûté leur pain. Après l'avoir goûté, on comprend pourquoi, il est tout simplement succulent. C'est dommage que la place était limitée dans les bagages.

Le repas fut gargantuesque. ENCORE des montagnes de nourriture, et de la bonne avec ça. C'est faramineux et on se sent un peu péteux que d'en laisser autant sur la table. Je leur ai quand même demandé si les tables étaient toujours aussi garnies, et il semblerait que non ... sauf à l'occasion des repas de fête. Force est de constater que quand c'est jour de fête, et quand on reçoit des étrangers, ils savent mettre le paquet.

C'est aussi le moment de discuter de tout, et de rien. Sur l'époque soviétique d'abord, qui a pesé lourd. Étrangement, je ne les ai pas senti revanchards ou belliqueux à ce sujet. Il faut croire qu'il suffit de retrouver ses racines, sa langue et sa culture pour parvenir à oublier le passé. La langue était un vrai outil de propagande, car le russe a chassé la langue lettonne de manière assez inquiétante. Aujourd'hui, elle est revenue. Il faut savoir qu'il y a encore environ 30 % de russes ethniques en lettonie, et qu'aujourd'hui, c'est une minorité, ethnique et politique, même s'ils sont concentrés à Riga. Le fait est qu'après avoir traversé brièvement le pays, je n'ai vu aucun vestige soviétique, pas de statue de Lénine, pas de restants de propagande, pas une pancarte en russe. Rien. Certes, l'indépendance remonte à 1991, mais je me rappelle que des lettons étaient venus en voyage à Donnery pour la première fois en 1996, et à l'époque, on sentait bien qu'il y avait encore bien du chemin à faire.

Sur l'économie après, j'apprends que le salaire minimum est d'environ 350 euros … or d'après ce que j'ai vu, le coût de la vie semble sensiblement équivalent à celui que l'on a en France, voire un brin moins cher. Tout est disponible à profusion, la société de consommation du grand satan capitaliste est bien là, et les voitures sont plutôt pas mal - beaucoup d'allemandes, les constructeurs français ont comme d'hab complètement raté le coche. J'ignore juste comment, ou même s'ils arrivent à vivre convenablement. En tous cas ils ne paraissent pas malheureux.

Enfin, j'apprends aussi que la spéculation économique n'a pas épargné le pays, avec moult promoteurs ayant fait construire des maisons neuves que personne n'a pu acheter, faute d'argent, de financements, et surtout à cause d'investisseurs trop gourmands. Ça a un air de déjà vu ... Heureusement, les villes disposent encore de bonnes réserves foncières et les aménagements urbains sont très aérés.

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Blason de la ville de Smiltene.

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piotr Écrit le : 06/11/2008 14:23


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C'est à dire qu'il est pas tout à fait noir. Il est pas non plus tout à fait blanc.

Il paraît même qu'il est musulman, son deuxième prénom, c'est Hussein !
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piotr Écrit le : 05/11/2008 10:02


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Photo Daily Kos

Voilà c'est fait, Barack Obama a remporté les élections contre John McCain, avec un score sans appel, contrairement aux élections de 2004 et ses interminables comptages et recomptages. C'est une victoire nette et sans appel. Même les états difficiles comme la Floride sont passés dans le camp démocrate.

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Maintenant, c'est le 15 décembre prochain que le collège électoral procèdera au vote pour l'élection proprement dite du président, et il devrait rentrer en fonction le 20 janvier 2009.

Outre l'élection du président, les démocrates ont également vu augmenter leur nombre de sièges à la chambre des représentants et au Sénat. C'est la fin des années Bush.
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piotr Écrit le : 23/09/2008 20:14


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Ah ah la banane attitude \o/
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piotr Écrit le : 23/09/2008 10:08


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Nouveau venu dans les tailles de capteurs, au 23 septembre 2008, le système Leica S intégré au coeur du boîtier réflex éponyme, il s'agit d'un capteur à mi chemin entre le plein format et le moyen format, d'une taille de 45 × 30 mm , soit un crop factor de 0,8 environ, offrant une surface 56 % supérieure à ce dernier. En l'état, il est donné pour 37,5 millions de pixels dans le reflex S2.

Corollaire : le cercle image requis étant plus grand, il est nécessaire d'utiliser une gamme d'optiques entièrement nouvelle.
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piotr Écrit le : 23/09/2008 10:00


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Ah ben que de bonnes nouvelles _o/

Mais genre HPulstar, moi j'dis, il pourrait venir faire danser sa banane devant nous ici en personne quand même ! tongue.gif
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piotr Écrit le : 13/09/2008 10:51


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Je rajoute ces quelques lignes à la lumière d'un graphique que j'ai trouvé sur le site de Tom's Hardware au sujet de l'évolution sur dix ans de la capacité des supports flash et des disques durs.

user posted image

Ce qui apparaît comme le nez au milieu de la figure sur ce graphe, c'est qu'effectivement, depuis 2004/2005 l'augmentation de capacité suit une courbe qui crève le plafond, alors qu'on observe un maintien des prix des disques durs, cependant que celui des supports flash s'est littéralement écroulé.

Tout ça pour dire quoi ? Eh bien que le stockage de masse n'a jamais été aussi bon marché, et donc que les gros volumes de données générés par le RAW ne sont vraiment plus un problème.
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piotr Écrit le : 13/09/2008 10:46


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Ben vas-y, plains toi aussi pendant qu'on y est ! Jamais contents ces djeuns laugh.gif
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piotr Écrit le : 10/09/2008 11:24


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Ouais hein ! Comme c'est étrange !

Donc là, on va nous dire qu'il faudra attendre que le LHC monte un peu en puissance, ce n'est qu'une question de temps.

"Name that logical fallacy ? The moving goal post".

( http://en.wikipedia.org/wiki/Moving_the_goalpost tongue.gif )

Ou si ça se trouve, le monde a déjà pris fin, et on nous le cache.
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piotr Écrit le : 10/09/2008 11:05


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C'est ce matin à 9h30 qu'a été mis en service de manière solennelle le LHC, le Large Hadron Collider, qui n'est rien de moins que le plus grand et le plus puissant accélérateur de particules au monde, et très certainement la plus grande machine construite par l'homme.

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Crédit photographique : Maximilien Brice, © CERN, via le Boston Globe : The Big Picture

Cette machine infernale a pour but de réaliser des collisions de protons à des vitesses proches de la lumière et à très haute énergie, afin de donner naissance à d'autres particules, dans l'espoir d'en découvrir de nouvelles, et notamment le boson de Higgs, qui pour faire simple, est une des pièces manquantes dans le modèle standard actuellement admis par le consensus scientifique.

La réussite de ce démarrage marque le début d'une montée en puissance graduelle de l'installation, avec un cycle d'expérimentations scientifiques qui devraient se répartir sur une quinzaine d'années, avec à la clé, d'immenses avancées en matière de recherche fondamentale en sciences physiques, et à terme, garantir des avancées technologiques dont nous profiterons tous dans notre vie de tous les jours.

Dépêche Yahoo! News : http://fr.news.yahoo.com/afp/20080910/twl-...ad-4bdc673.html
Des images sensationnelles sur "The Big Picture" du Boston Globe : http://www.boston.com/bigpicture/2008/08/t...n_collider.html
L'article de Wikipédia France : http://fr.wikipedia.org/wiki/Large_Hadron_Collider
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piotr Écrit le : 31/08/2008 01:09


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En fait, on y monte pas, c'est un passe-droit dont j'ai pu bénéficier smile.gif Disons que lieu est public (il appartient à la mairie d'Orléans) mais il est juste trop petit pour accomoder de forts passages, considérant l'étroitesse diabolique de l'escalier.
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piotr Écrit le : 30/08/2008 17:05


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C'est qu'on a une belle vue depuis le beffroi d'Orléans, du haut de ses 40 mètres. Il est situé en plein cœur de la ville, non loin de la cathédrale, place de la République exactement, et sa terrasse permet une vue imprenable sur les environs de l'agglomération, à des kilomètres à la ronde.

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Le lieu se prête donc tout naturellement aux panoramiques, d'autant que le soleil et le ciel bleu étaient de la partie.

Morceaux choisis d'un point de vue sur la ville qui sort de l'ordinaire :

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Et pour le reste du set avec plein d'autres panos, et des pas panos, c'est ici :

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En espérant juste que ça vous file pas trop le vertige smile.gif
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piotr Écrit le : 23/08/2008 19:42


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chon/arsenik : merci smile.gif

Et quand y'en a plus, y'en a encore ! Je suis allé récupérer mon rouleau de Ilford Delta 100, pris avec un Canon EOS 100 et un objectif Canon EF 50 mm f/1,8 du meilleur effet. Sélection :

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(au naturel. je crois que ça doit être ma préférée du rouleau)

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user posted image

C'est flou, mais c'est pas grave !

Le fait est que j'aime vraiment le rendu du film noir et blanc.
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piotr Écrit le : 22/08/2008 19:36


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Quel travail d'être photographe de mariage, je vous le dis. Donc, presque une semaine après, je peux vous livrer les images du mariage de deux de nos illustres membres openspaciens (je précise, chon & severn pour ceux qui n'auraient pas suivi), célébré le 16 août dernier entre Chaon dans le Loir-et-Cher pour le temporel et Brinon-sur-Sauldre pour le spirituel.

Des préparatifs marrants, des cérémonies émouvantes, un DJ à la renommée internationale, et d'autres encore.

Madame :

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Monsieur (admirez la classe) :

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Madame et monsieur (admirez, tout court)

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Tout le photo reportage, des préparatifs de la semaine d'avant, de la veille, jusqu'à la fin le lendemain, en six chapitres, que vous pouvez suivre à cette adresse, grâce à l'énorme rulez de monsieur Sha qui a mis un coin de son serv0r à disposition pour héberger les galeries photos.

L'intégralité du photoset sur flickr, si vous voulez regarder toutes les photos d'affilée

user posted image .

Dans ces conditions, c'est assez génial d'être photographe. Et j'en profite donc pour renouveller tous mes vœux de bonheur aux mariés !
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piotr Écrit le : 01/08/2008 18:25


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Et la meilleure école de lutte est russe ?
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piotr Écrit le : 28/07/2008 10:50


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J'aimerais maintenant revenir sur un certain nombre des désagréments du RAW mentionnés précédemment. En effet, sur internet, la "littérature spécialisée" regorge d'avis bien sentis sur tout en général, et sur le RAW en particulier. Il y a beaucoup d'experts en chaise longue qui disent plus de bêtises qu'ils ne prennent de photo, mais aussi beaucoup de choses vieillies et qui ne sont plus mises à jour. C'est pour cela que j'aimerais en profiter pour replacer certaines choses au goût du jour de mi-2008 :

Le volume généré par les RAWs : ce n'est maintenant plus qu'un demi problème compte tenu des prix atrocement bas de tous les supports numériques confondus. Exemples multiples :

1. Au sujet du stockage des photos dans l'appareil - Une carte compactflash Sandisk Extreme III de 4 Go coûte aujourd'hui environ 45 euros, ce qui me permet d'enregistrer jusqu'à 550 images en RAW compressés sur mon D200. La plupart du temps, ma batterie tombe à plat avant que ma carte ne soit pleine. Évidemment, on en mettra encore plus en JPEG. Mais 550 images pour 4 Go, cela laisse largement de quoi mitrailler sans trop compter. Pour le même prix, vous pourrez avoir aussi une carte SD-HC du double de la capacité. Une Sandisk Extreme III de 16 Go coûte 140 euros, soit donc 2200 photos.

Je repose donc la question : l'espace est-il dans ces conditions un problème ? Non.

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Cosmos en jachère fleurie - Nikon D200, 18-200VR, RAW, composite de trois images assemblé avec PhotoMerge CS3, exporté par Adobe Camera RAW 4

2. Au sujet du transfert des images vers l'ordinateur - Tous les ordinateurs sont aujourd'hui équipés de l'USB 2.0 ou du FireWire, ce qui permet de transférer suffisamment rapidement les données au point que ce ne soit plus une gêne rédhibitoire. On ira toujours plus vite en JPEG certes, mais on est bien loin de ce qui se faisait il y a trois ans par exemple. D'ailleurs, les débuts des appareils photo numérique étaient synonyme de transferts mortellement longs, même en JPEG. Aujourd'hui, c'est au tour du RAW de s'affranchir de ces contraites.

Les plus pressés pourront même se payer un lecteur compactflash qui se branche directement sur port IDE.

3. Au sujet du stockage des photos et de la place occupée. Aujourd'hui, il est bien difficile de trouver un moyen de saturer les disques durs tant les capacités sont grandes, à moins de faire de la vidéo 1080p comme unique hobby. Ça tombe bien, la photo prend bien moins de place.

Aujourd'hui, le disque dur d'un tera-octets (1000 Go) coûte environ 150 euros alors qu'un 500 Go coûte trois fois moins ou presque. Inutile de dire qu'à raison de 10 Mo par photo RAW, on peut donc stocker un million de photos sur un disque d'1 To. Sachant qu'un appareil comme le D200 est garanti pour 150 000 déclenchements d'obturateur, ou que le D3 est garanti pour 300 000 déclenchements, et si on prend en compte les photos que l'on supprime parce qu'on les a ratées, le facteur disque dur est encore une fois tout sauf un problème, et encore plus mis au regard du prix d'un appareil photo numérique.

Ceux ayant un Macintosh peuvent même bénéficier des disques durs externes sur port FireWire 800. Un 500 Go Western Digital coûte environ 120 euros, et le FireWire 800 dispose d'un débit largement supérieur au contrôleur du disque dur qu'il abrite. Pour ma part, c'est comme cela que je stocke mes photos.

Là aussi je repose la question : l'espace est-il un problème ? Non. Au fur et à mesure que le temps passera, l'espace grandira encore et encore. Ce ne sera donc plus jamais un problème.

Corollaire : des disques durs achetés également à des fins de sauvegarde, comme dans un NAS par exemple, coûteront une misère. C'est d'autant plus intéressant qu'à ces tarifs, on peut se permettre de les remplacer très souvent, tous les deux ans, voire tous les ans, pourquoi pas. Nous autres photographes du dimanche n'avons peut être pas besoin de supports RAID 5, mais il existe des moyens simples et surtout abordables de limiter considérablement les risques de pertes stupides.

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La falaise à Étretat près de la Manneporte - Nikon D200, 18-200VR à 200mm, tenu en main, RAW, exporté en JPEG avec Apple Aperture 2.1

4. Au sujet du temps passé sur ses photos - Effectivement, il va falloir passer du temps sur ses RAWs pour qu'ils soient finis. Le RAW s'est taillé une mauvaise réputation à ses débuts car il était nécessaire d'ouvrir chaque fichier individuellement, l'ajuster, le sauvegarder, et recommencer.

Heureusement que cette époque est loin derrière nous. Aujourd'hui, les logiciels spécialisés sont mûrs, et les traitements s'appliquent par lots. L'ordinateur s'occupe du reste. On peut donc appliquer exactement les réglages que l'on veut aux images que l'on souhaite, et ce, en masse.

Il est vrai que les débuts d'Adobe Camera Raw, de Lightroom, d'Aperture, de Bibble ou de Capture One étaient hasardeux. Aujourd'hui, pour ne retenir que les deux plus courants, Adobe Lightroom et Apple Aperture sont extrêmement performants, très puissants, rapides, et donnent surtout envie de travailler ces fichiers. C'était très loin d'être le cas il y a cinq ans. Aujourd'hui, les choses ont totalement changé, et ont changé rapidement. J'oubliais : C'est de l'informatique ! Un avis sur la question du RAW datant de 2004 ou de 2005 est aujourd'hui totalement périmé.

5. Au sujet lourdeur des traitements, on lit souvent que manipuler un RAW nécessite plus de ressources système qu'un JPEG. Dans l'absolu, c'est vrai. Dans les faits, c'est de très peu d'importance. De la même manière que les espaces de stockages grandissent et sont devenus bon marché, la puissance de calcul a atteint des niveaux qu'on avait du mal à imaginer il y a trois ans. Aujourd'hui, celui qui aime l'image peut se payer un double-cœur, voire un quadruple-cœur avec 4 Go de RAM sans avoir à vendre un rein. C'est une réalité, c'est là. Dans les faits donc, manipuler un RAW est instantané, tant sur PC que sur Mac. De plus, les meilleurs logiciels, qu'il s'agisse de Adobe Lightroom ou Apple Aperture, tirent voracement avantage des ordinateurs multicœurs. Même un ordinateur portable vendu neuf aujourd'hui est équipé d'un processeur multicœur.

À l'usage, un RAW est donc parfaitement aussi rapide à utiliser qu'un JPEG. Ainsi ces questions de lenteur qui pouvaient être d'actualité il y a trois ou quatre ans, appartiennent désormais au passé pour de bon, et donc sont juste bonnes à être ignorées. On manipule parfaitement et fluidement un fichier RAW en temps réel.

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Blandine aux nuits bleues de Bourges - Nikon D200, Nikkor 18-70, ISO 1600, tenu à la main, flash rebondi sur le mur, RAW, export avec Adobe Camera RAW 4

6. Au sujet de la pérennité et de la durabilité, il est certain que des doutes soient permis. En effet, il existe pratiquement un format de RAW par modèle d'appareil photo, principalement pour des raisons bassement commerciales, mais aussi pour des raisons vulgairement techniques, comme l'énorme variété de capteurs parmi tous les appareils. Il n'existe pas de standard de facto pour le RAW. Il en existe, mais sont peu usités. Principalement, on trouvera le Adobe Digital Negative (.DNG) et l'OpenRAW, mais leur diffusion est pour l'instant confidentielle. Voici les plus courants

.crw .cr2 Canon
.tif .k25 .kdc .dcs .dcr .drf Kodak
.mrw Minolta
.nef Nikon
.orf Olympus
.dng Adobe
.ptx .pef Pentax
.arw .srf .sr2 Sony
.x3f Sigma
.erf Epson
.mef .mos Mamiya
.raw Panasonic
.cap .tif .iiq Phase One
.r3d Red
.fff Imacon
.pxn Logitech
.bay Casio

Source.

Techniquement, tous ces fichiers sont des RAW, mais ils sont tous totalement différents. Ce qui est normal. Pire encore : un fichier RAW émanant d'un Nikon D70 sera un .NEF tout comme celui sortant d'un D300. Problème : ils ne sont pas dotés du même capteur ! Même malgré l'extension .NEF ( = Nikon Electronic Format ), ils sont totalement différents, et requièrent que le logiciel qui va les lire dispose de la prise en charge du D70 et du D300.

De plus, dans le temps, la virtualisation permet de faire tourner sur des plates-formes modernes des logiciels d'un autre temps. On fait aujourd'hui très bien tourner un DOS ou un Windows 3.11 sur un Mac OS 10.5 Leopard. Une fois encore, la relative démocratisation de la virtualisation sur les ordinateurs de tout un chacun est une nouveauté qui est arrivée avec les processeurs multicœurs. Si la virtualisation existe depuis plusieurs dizaines d'années, on ne pouvait pas dire qu'elle soit très répandue : c'est aujourd'hui chose faite, et c'est plus facile que jamais.

7. Au sujet de la compatibilité, il est désormais très facile de pouvoir lire un RAW simplement à des fins de prévisualisation rapide ou d'examen. Aujourd'hui, même Windows XP peut lire la plupart des RAWs depuis l'explorateur et l'aperçu grâce à une extension de shell fournie par Microsoft lui même. Des logiciels libres comme XnView lisent eux aussi la plupart des RAWs. Sur Mac, c'est intégré en standard, dans le Finder comme dans Aperçu. Certes, il n'y aura pas de réglages fins, mais il ne faut pas perdre de vue que la finalité n'est pas la même.

Enfin, il faut savoir que les RAWs inscrivent les informations EXIF (celles qui fournissent le nom de l'appareil, la focale, etc. dans le fichier) tout comme les JPEGs.

Il est donc vraiment très facile d'ouvrir des fichiers RAW présentés comme propriétaire, y compris avec des logiciels libres.

De plus, il n'est pas forcément évident que le logiciel fourni par le constructeur de l'appareil photo soit le plus agréable, ou le plus rapide, ou le plus enthousiasmant à utiliser.

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Gros plan sur une Shellby de 1969 - Nikon D200, Nikkor AIs 50 mm ƒ/1,4 , RAW, exporté par Adobe Camera RAW 4.

8. Une particularité du RAW : les traitements non-destructifs. Grâce aux logiciels actuels, travailler en RAW laisse intact le fichier original. Quand on ouvre ponctuellement un fichier RAW pour l'éditer, le modifier, puis exporter le résultat fini en JPEG, on n'écrase pas le RAW d'origine. À ce moment là, le logiciel écrit un fichier de métadonnées (.xmp ou autres) qui consigne tous les réglages de RAW qui lui ont été appliqués. Non seulement le fichier RAW originaire est inchangé, mais en plus, les paramètres sont enregistrés pour une réouverture future à l'identique. Autre bonne nouvelle : ce format .xmp est suffisamment répandu pour être un standard de facto, au moins aussi répandu que les données EXIF.

Là où cela devient vraiment intéressant, c'est que des logiciels tels que Adobe Lightroom ou Apple Aperture permettent d'organiser, de trier, de classer, et surtout de développer ses fichiers RAW. On est totalement libre de laisser les fichiers selon son organisation propre sur le disque dur, que l'utilisateur détermine, et le logiciel crée sa base de données d'organisation. Il y consignera notamment tous les ajustements appliqués aux RAW, ainsi que les aperçus, si besoin. Ainsi, les fichiers RAW restent inchangés, les paramètres sont sauvegardés, et à l'écran s'affiche le résultat du RAW finalisé, que l'on appelle la version. La version peut être modifiée à l'infinie, supprimée, ou on peut créer une infinité de versions d'une même image RAW. Dans tous les cas, l'original demeure en son état tel que sorti de l'appareil photo.

Il est possible de créer des versions à partir d'un JPEG, mais cette version ne sera qu'un traitement d'un fichier déjà terminé, et non des données RAW. L'intérêt est dans ce cas considérablement plus limité.

Les versions du RAW vous permettent donc d'avoir le droit de changer d'avis, ou même, d'avoir plusieurs avis au sujet d'une même image.

9. Au sujet de l'immobilisation de l'appareil photo à cause du RAW, là encore, le progrès a considérablement arrangé les choses. Au temps de mon Minolta Dimage 7 de 5 millions de pixels, un RAW m'immobilisait l'appareil pendant 30 secondes, voire une minute en cas de poses longues. Les résultats étaient meilleurs qu'un JPEG, mais le temps de blocage ne valait sûrement pas le dérangement.

Aujourd'hui, même un boîtier reflex modeste équipé d'une carte mémoire rapide, de toutes façons très bon marché, pourra sans problèmes supporter le RAW, et à aucun moment inhiber la spontanéité du moment. Même chose pour les rafales d'images : les images en rafale doivent être stockées dans la mémoire tampon (qui fait office d'entremise entre le capteur et la carte mémoire) de l'appareil photo. Quand on est en JPEG, ces images sont stockées en RAW dans l'attente d'être transformées en JPEG par le processeur de traitement interne de l'appareil. On comprendra donc pourquoi prendre une rafale de RAWs ne va pas ramplir la mémoire tampon aussi vite qu'on pourrait le craindre. Par ailleurs, un reflex actuel n'est plus immobilisé comme pouvaient l'être les appareils autrefois, y compris un petit Nikon D40 ou un Canon 1000D.

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L'orgue de l'église Saint-Marceau à Orléans - Nikon D200, Nikkor 18-70 à 70 mm, sur trépied, RAW, converti en JPEG avec Adobe Camera RAW 4

Attention toutefois, il y a certaines limites :
  • Une fois que la mémoire tampon est pleine, il faut bien que l'appareil écrive les RAWs sur la carte mémoire, même s'ils n'ont pas à être traités. Donc, si le tampon est plein, l'appareil ne pourra plus prendre de photos en rafale à sa cadence maximale. Cela dit pas de panique, un petit reflex peut garder un minimum de 5 RAWs en mémoire tampon, et un reflex comme un D200 ou un D300 peut stocker sans problèmes jusqu'à 25 images en mémoire tampon, À raison de 5 images/sec en rafales, cela fait presque 5 secondes continues de rafale en RAW. On ne peut pas forcément dire que ce soit une situation que l'on recontre tous les jours. Si on a besoin de plus, on est photographe professionnel, et donc, on est pas concerné par cet article, car on sait ce qu'il faut faire. De plus, maintenant, les cartes mémoires sont très rapides, et ce problème n'est que temporaire. Souvent l'écriture ne prend qu'une dizaine de secondes, pendant lesquelles la mémoire tampon se vide progressivement.
  • Plus sérieusement, certains bridges sont véritablement limités, et sont bloqués le temps de l'écriture du RAW, du fait de leur mémoire tampon plus limitée, et des contrôleurs de carte mémoire plus lent. Si le RAW immobilise votre appareil plus de quelques secondes, restez en JPEG, plutôt que de prendre le risque de perdre des photos. Cela dit, à vous de déterminer votre choix et vos priorités.
Quoi qu'il en soit, sur un boîtier de la trempe du D200, dont la conception remonte à fin 2005, je n'ai jamais été limité par le débit nécessaire au RAW, parce que les conditions ne se sont jamais présentées, même en meeting aérien. Ceux qui ont besoin de plus d'exigences auront un matériel plus cher, et donc encore une fois, ne seront sans doute pas concernés.

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Bokeh - Nikon D200, Nikkor AIs 50 mm ƒ/1.4 , tenu à la main, RAW, export JPEG par Adobe Camera RAW 4.

Alors, faut-il prendre ses photos en RAW ? Bien sûr que non !

Ou plutôt : bien sûr que si.

Tout dépend des besoins de chacun. C'est comme de savoir s'il vaut mieux repeindre une pièce avec une peinture à l'huile ou une peinture à l'eau. Fromage ou dessert. Je tire ou je pointe. Tout dépend.

Qualitativement, difficile de dire d'une image si elle est issue d'un JPEG ou d'un RAW. Mais encore une fois, ce n'est pas le but. Le but, c'est d'expérimenter une approche alternative et individualisée de la photo. C'est s'approprier une partie du développement, mieux le comprendre. Corollaire : c'est un élément supplémentaire à apprendre. Au même titre qu'il faut maîtriser la composition, les nuances, les couleurs, mais aussi la focale, le diaphragme, la netteté, le RAW est le dernier jalon. Il est nécessaire d'apprendre les différents réglages. Bonne nouvelle : c'est très interactif, très intuitif, et immédiat. Les résultats ne se faisant pas attendre, ça ne coûte rien d'essayer.

Aujourd'hui le RAW est techniquement très accessible pour nos machines, et la technique est mature. Il n'y a plus ces temps d'attente catastrophiques que l'on connaissait autrefois. Cette époque est révolue.
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piotr Écrit le : 28/07/2008 10:45


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Les images ne sont pas forcément là pour illustrer un point technique. Elles sont là juste pour ... illustrer.

La plupart des appareils photo numériques peuvent produire au moins deux types de fichiers totalement différents lors de la prise de vue : le JPEG classique, et le format RAW. En disant "la plupart", cela désigne tous les reflexes, et la majeure partie des bridges. Les compacts n'offrent pas, sauf rares exceptions, la possibilité d'enregistrer en format RAW.

Qu'est-ce qui différencie le RAW du JPEG ? Des considérations techniques, principalement. Si la technique vous est indifférente ou presque, vous aurez gagné du temps : le JPEG est fait pour vous.

Pour schématiser, du moins dans un premier temps, le format RAW n'est pas vraiment une image, mais plutôt un flux de données binaires qui représente presque les données telles qu'elles sortent du capteur numérique de l'appareil photo au moment où le déclencheur est pressé et exposé. Le JPEG quand à lui est une image finie, c'est à dire que l'appareil photo applique grâce à sa mécanique interne (processeur de traitement) un certain nombres de réglages au flux de ces données issues du capteur afin de produire l'image finale. Ces réglages sont en partie intangibles (comme par exemple le de-bayer, qui consiste à éliminer les artifacts liés à l'arrangement des pixels sur le capteur qui diffère de celui de l'écran d'ordinateur), et d'autres réglables par l'utilisateur, comme la balance des blancs, la netteté, la saturation, et bien d'autres.

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Coucher de Soleil sur la Loire à Saint-Benoît sur Loire. Nikon D200, 18-200 VR, RAW, converti en JPEG grâce à Adobe Camera RAW 4.

Certains vont jusqu'à qualifier le RAW de "négatif numérique", compte tenu du fait qu'il est nécessaire de "développer", via certains logiciels dédiés, ces fichiers RAW afin d'en obtenir une image. Je n'irai sans doute pas jusque là, car les différences sont grandes - je ne suis pas persuadé que la comparaison soit totalement valide - mais l'analogie est bonne.

Ainsi, quand on prend une photo en RAW, il faut donc appliquer soi-même les réglages que l'appareil applique tout seul lors de la prise de vue en JPEG. Quel intérêt ?

La réponse peut varier dans une fourchette comprise entre "absolument aucun" à "c'est capital !" selon l'approche qu'on a de la photographie. À mon avis, les deux approches se valent totalement. Pour poser un premier jalon de réponse, il est cependant nécessaire de comprendre que le RAW représente ce qu'il y a de plus proche du signal en provenance du capteur, alors que le JPEG, en tant que produit fini, est une transformation, puis une compression des données. Un JPEG utilise une place bien moindre qu'un RAW, et pour y parvenir, il détruit une partie du signal. La plupart du temps, c'est totalement invisible.

Le JPEG a plusieurs avantages clés, dont voici ceux qui me semblent les plus pertinents :
  • La facilité - c'est évident, c'est le format par défaut de tous les appareils photo ;
  • La rapidité : l'appareil photo applique instantanément les réglages qu'il juge les plus adaptés, et/ou que l'utilisateur a voulus ; il n'y a pas à passer derrière ;
  • La réactivité : sur les appareils de puissance plus modeste, l'écriture d'un JPEG est ce qu'il y a de plus rapide, et ne bloque pas l'appareil photo ;
  • La compacité : le JPEG produit des images de petites taille comparé au RAW, d'un facteur 2 à 10 en fonction de l'image et de l'appareil ;
  • L'universalité : un JPEG peut être lu par n'importe quel programme, appareil, ou application, ce qui n'est pas le cas du RAW ;
  • La qualité : la plupart des appareils photo produisent à ce jour des JPEGs dont la qualité surpasse de loin celle des appareils vieux de ne serait-ce trois ans. Les progrès en la matière sont saisissants.
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Lune Gibbeuse. Nikon D200, Nikkor AI 20 mm ƒ/4, RAW, converti en JPEG grâce à Adobe Camera RAW 4

Les inconvénients du JPEG sont in fine assez peu nombreux.
  • Très rares maintenant sont les appareils qui dégradent les images JPEG à cause d'artifacts de compression car les algorithmes ne cessent de se perfectionner ;
  • Prendre ses photos en JPEG impose de bien connaître son appareil et bien comprendre son sujet, et la photo que l'on souhaite réaliser, afin de déterminer à coup sûr les réglages que l'on souhaite employer. Il faut donc comprendre comment utiliser la correction d'exposition à bon escient, la saturation, les programmes, etc ;
  • Un fichier JPEG offre moins de latitude technique pour réparer dans un logiciel les erreurs lors de la prise de vue. Encore une fois, c'est la raison pour laquelle il faut une bonne maîtrise de sa machine. Ce n'est donc pas nécessairement un problème en soi ;
  • Toujours sur le plan technique, un fichier JPEG ne code l'information que sur 8 bits par canal, c'est à dire, qu'il peut reproduire 256 nuances de rouge, 256 nuances de vert, et 256 nuances de bleu, pour un total de 16 277 216 couleurs, alors que le RAW lui, peut le coder sur 12 bits, voire 14 pour certains. La comparaison est assez cela dit assez trompeuse, car le JPEG ne stocke pas les mêmes informations de la même façon que le RAW - on y reviendra. Encore une fois, ce genre de considérations vous intéressera principalement pour des raisons bien précises.
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Basco, berger australien. Nikon D200, Nikkor AI 50 mm ƒ/1,4, JPEG.

Cela tranche avec les nombreux désavantages du RAW :
  • Les fichiers générés sont relativement volumineux, oscillant entre 6 à 16 Mo par image pour un reflex comme le Nikon D200 (10 millions de pixels) ;
  • L'écriture de fichiers si gros prendra plus de temps que des JPEGs. Sur certains bridges, l'appareil peut faire un blackout de plusieurs secondes consécutives, et vous perdrez peut être la photo du siècle ;
  • Le transfert de ces fichiers prendra plus de temps entre l'appareil photo et l'ordinateur ;
  • Un fichier RAW doit être décodé pour être affiché correctement ;
  • Un fichier RAW ne peut pas être envoyé directement à un correspondant par mail, mis sur le web, donné à un client, etc. ;
  • Un fichier RAW nécessite un logiciel spécialisé ;
  • Un fichier RAW nécessite un traitement complet, et donc, un certain nombre de connaissances précises ;
  • Un fichier RAW est un format de fichier fermé, parfois crypté, et pose certains problèmes de pérénnité ;
  • Prendre toutes ces photos en RAW nécessite donc plus de temps et d'espace que de les prendre en JPEG.
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La patrouille de la Marche Verte Marocaine - Nikon D200, 18-200 VR, RAW, conversion en JPEG par Apple Aperture 2.1

Alors pourquoi diable s'enquiquiner avec du RAW si le JPEG est tellement mieux ?

Simple : si vous vous posez la question, c'est que le RAW n'est pas fait pour vous. Prenez vos images en JPEG, elles seront très certaintement tout aussi bien !

Est-ce vraiment aussi simple : heureusement que non. Fort heureusement.

Les avantages du RAW sont nombreux. À titre personnel, ce qui n'engage donc que moi, je prends mes photos en RAW plutôt qu'en JPEG. Voici pourquoi :
  • C'est potentiellement la meilleure façon de tirer la substantifique moëlle de ce qui sort de votre appareil photo dans tous les cas. Il n'y a pas de dégradation d'aucune sorte appliquée aux images.
  • Le RAW a dans l'ensemble et la plupart des cas, une meilleure dynamique, c'est à dire, qu'il peut reproduire un ensemble de tons et de clartés plus grand que le JPEG
  • Le RAW permet d'appliquer exactement le réglage que l'on souhaite à une photo ou des photos données, alors que le JPEG impose de les faire lors de la prise de vue.
  • Le RAW permet dans la plupart des cas de pouvoir mieux faire ressortir des tons trop sombres ou faire revenir des tons très clairs sur des sujets très contrastés. Attention, ce n'est pas une arme absolue, mais les résultats sont, d'après ma modeste expérience, la plupart du temps meilleurs que sur un JPEG, en faisant ressortir moins de bruits, moins d'artifacts
  • Certains réglages n'existent tout simplement pas dans l'appareil photo, même les boîtiers les plus onéreux. On retiendra par exemple la Clarté dans Adobe Camera RAW (ou son équivalent dans Aperture), ou la possibilité de régler depuis l'appareil une compensation pour les tons clairs ou tons foncés comme on le ferait pour la saturation ou la netteté. On peut travailler sur le JPEG résultant, mais mon expérience personnelle m'a montré que les résultats étaient incomparablement meilleurs depuis un RAW.
  • Certains ajustements, comme la correction de l'exposition sur l'ordinateur, sont bien plus efficaces en RAW qu'en JPEG. C'est en partie lié à la dynamique plus grande du RAW, et en partie lié à la façon dont sont stockées les informations. Le résultat est qu'il est possible d'obtenir de meilleures couleurs, de meilleurs contrastes. -- Une note : Avec le D300 et le D3, Nikon a introduit ce qu'il appelle le D-Lighting, (D pour Dynamic), qui propose un embryon de réglage des tons sombres et foncés. C'est un bon début, mais les effets sont subtils (ou timides selon que l'on appréhende la chose).
  • Le RAW a tendance à produire de meilleurs résultats sur les scènes fortement contrastées.
  • Il n'est pas toujours facile d'arriver à tous les coups à tomber pile sur le bon réglage d'appareil photo, surtout si l'action bouge vite au regard de vos capacités de photographe du dimanche. Si vous êtes professionel, cet article ne vous concerne pas, donc vous maîtrisez le processus sans avoir à s'abaisser à utiliser du RAW.
  • Il se peut qu'un réglage choisi à un instant s'avère mauvais quand vous affichez l'image sur votre écran. Image trop saturée, trop nette ou pas assez en fonction du sujet, mauvais compensation d'exposition. Auquel cas si vous voulez vraiment sauver la photo, il faudra mettre les mains dans le cambouis. Et donc passer du temps. Comme on le fait en RAW. Dans ce cas, non seulement vous n'avez qu'un JPEG, mais en plus, moins de marge de manœuvre. La belle affaire ! Le RAW peut donc souvent servir de "filet de sécurité", en vous donnant un peu de marge supplémentaire, et en différant la phase de la décision esthétique ou artistique. Mon approche est de privilégier le cadrage, la composition et l'exposition sur le terrain, sur le moment, sur l'instant, et bien souvent, quand il n'y a pas de seconde chance. Une fois devant l'écran, je m'applique à donner des couleurs, à recadrer si besoin, à déterminer la netteté. C'est très rapide en vérité, d'autant que la pratique permet d'apprendre à gagner du temps. Je n'ai jamais eu pour quelque raison que ce soit à regretter d'avoir pris mes photos en RAW. J'ai quelques photos que je regrette d'avoir prises en JPEG.
Une note cependant : si le RAW n'applique aucun des réglages de finalisation, il restera en revanche absolument nécessaire d'exposer correctement sa scène. Les sciences physiques étant ce qu'elles sont, un capteur d'appareil photo ne peut pas reproduire une infinité de nuances. Si votre photo, même prise en RAW, est mal exposée, alors certaines ombres resteront irrémédiablement noires, et certains reflets immanquablement brûlés. Le RAW ne vous aidera absolument pas à compenser une mauvaise exposition.

En revanche, pour ces raisons de différences de dynamique, il est possible de récupérer des tons que l'on croyait perdus (sombres ou clairs) avec un aspect de l'image final qui sera dans l'ensemble plus naturel que le JPEG.

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Voûtes de l'oratoire Carolingien de Germigny-des-Prés dans le Loiret. Nikon D200, 18-200 VR2, tenu à la main, RAW. Conversion en JPEG par Adobe Camera RAW 4.

Enfin, une photo sans intérêt sera toujours sans intérêt en RAW. Ça ne changera rien au problème.

Le RAW a aussi un certain nombre de vertus, principalement celle d'être pédagogique et d'attiser la curiosité. Connaître la technique photographique aide à s'améliorer, et ainsi, permet de prendre de meilleures photographies. Là encore, il ne s'agit que d'un point technique, car une belle photo, c'est un instant, une émotion, une vision, un cadrage, etc. et une photo sensationnelle peut être sensationnelle en étant navrante sur le plan technique. Mais comme on ne peut pas non plus écarter purement et simplement la connaissance technique, il faut donc y passer.

Le RAW est une démarche volontaire : personne n'est obligé de faire du RAW pour faire de belles photos. Ça n'a rien à voir. C'est juste une approche différente, qui parfois peut être très gratifiante, alors qu'on voit un résultat bluffant par rapport à un original RAW qui semble fade, ou de voir se dessiner progressivement les contours d'une belle image.
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